Aussi appelée: Double top · Figure en M · Double sommet de retournement
Le double sommet est une figure de retournement baissier : le cours bute deux fois sur à peu près le même plus haut, avec un repli modéré entre les deux, ce qui dessine un « M ». La figure est confirmée quand le cours clôture sous le creux intermédiaire, la ligne de cou, signe que les acheteurs n’ont pas réussi à franchir la résistance et que la hausse touche peut-être à sa fin.
C’est l’une des figures les plus faciles à reconnaître, et c’est justement pour cela qu’on la voit souvent trop tôt.
À quoi ressemble la figure
Après une hausse soutenue, le cours marque un sommet et corrige. Les acheteurs reviennent et le ramènent vers le même niveau, où les vendeurs réapparaissent. Ce second échec, suivi d’une chute sous le creux de la correction, complète le M. Les deux sommets forment la résistance ; le creux qui les sépare est la ligne de cou.
L’écart de temps entre les sommets compte. Deux plus hauts séparés de deux bougies relèvent du bruit ; deux sommets bien espacés traduisent un vrai second test de la résistance.
Comment l’identifier
- Tendance haussière préalable. Le double sommet retourne une hausse.
- Premier sommet. Un plus haut suivi d’une correction significative.
- Creux. Le point bas de la correction devient la ligne de cou.
- Second sommet. Le cours revient vers le premier plus haut et échoue.
- Cassure. Une bougie clôture sous la ligne de cou.
- Pullback éventuel. Le cours revient tester la ligne de cou par en dessous et se fait rejeter.
Comment le trader
Entrée. Le déclencheur le plus propre est une clôture sous la ligne de cou. Les plus agressifs vendent parfois le second sommet sur une bougie baissière comme l’étoile filante, mais ils prennent alors position avant que la figure n’existe, et l’échec est plus fréquent.
Stop. L’invalidation courante se place juste au-dessus du plus haut des deux sommets. Après un pullback, certains resserrent au-dessus du plus haut du retest.
Objectif (mouvement mesuré). On mesure la hauteur entre les sommets et la ligne de cou, puis on la retranche de la ligne de cou.
Exemple chiffré : un contrat future sur indice bute deux fois vers 5 200 points, avec une ligne de cou à 5 050. Hauteur : 5 200 − 5 050 = 150 points. Après une clôture sous 5 050, l’objectif théorique est 5 050 − 150 = 4 900. Avec un stop à 5 215, juste au-dessus des sommets, le risque est de 165 points pour un potentiel de 150 : un ratio inférieur à 1. Attendre un retest de 5 050 avec un stop à 5 110 porte le ratio à environ 2,5 pour 1. Faites vos propres calculs avec le calculateur de ratio rendement/risque et le calculateur de taille de position.
L’exemple montre pourquoi le double sommet réclame souvent un pullback ou un plan de sortie partielle : le stop au-dessus des sommets peut être loin de l’entrée.
Confirmation : volumes, RSI, sentiment
- Volumes. Des volumes plus faibles sur le second sommet que sur le premier trahissent un achat moins convaincu. Des volumes en expansion à la cassure renforcent le signal.
- RSI. Un RSI qui fait un plus haut décroissant sur le second sommet (divergence baissière) est un indice fréquent.
- Sentiment. Le second assaut du plus haut s’accompagne souvent de titres euphoriques. Quand le discours reste haussier alors que le cours cale deux fois, la configuration mérite l’attention, mais le sentiment seul ne confirme rien.
Erreurs fréquentes
- Voir un double sommet dans chaque paire de plus hauts. Sans cassure de la ligne de cou, c’est un range, et beaucoup de « doubles sommets » finissent par casser vers le haut.
- Sommets trop rapprochés. Deux plus hauts à quelques bougies d’écart ne disent pas grand-chose.
- Creux trop peu profond. Si la correction est minuscule, l’objectif mesuré l’est aussi.
- Ignorer le ratio rendement/risque. Comme dans l’exemple, un stop au-dessus des sommets peut rendre le trade peu intéressant.
- Aller contre une tendance puissante. Dans une hausse vigoureuse, la cassure de la ligne de cou ne produit parfois qu’un petit repli.
Statistiques : prudence
Le double sommet est fréquent et très surveillé, ce qui le rend utile mais aussi propice aux fausses cassures. Sa fiabilité varie selon les marchés et les unités de temps, et aucun taux de réussite chiffré ne doit être pris pour argent comptant. Voyez-le comme un cadre pour définir le risque. Comparez-le au triple sommet, à l’épaule-tête-épaule et à son reflet haussier, le double creux.
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